Gabrielle Jarzynski, Le mal du bleu
En écho à Echo et autres nymphes
Celle qui s’est réveillée un matin « transpercée de bleu » en profite pour faire le point sur sa situation existentielle.
Cela passe par l’état d’une de ses molaires ou d’un de ses orteils, sa peur des abeilles et de certains horizons.
Mais tout n’est pas douleur, et la narratrice se livre à certaines occupations que jadis la morale interdisait de pratiquer et de raconter. Et ce, même si l’auteure fait bien l’un et l’autre.
D’où un voyage ou une dérive sentimentale où le halo mental fait place à des vacations plus incarnées où se cherchent « un hublot de vie aigue-marine, une baie identifiable » lorsque des biches chuchotent.
Si bien que les pharaons et surtout leur bleu créent une migration qui ramène l’auteure à des émois premiers généralement trop passés sous silence.
Le tout sous l’égide de femmes qui, à la crise de nerfs, préfèrent des nuits d’orage pour peu qu’elles échappent autant à l’ire des chiens qu’à la garde des Egyptiens.
Existe là un moyen de construire et de dire la vie de femme en écho à Echo et autres nymphes. Le tout dans une poésie camphrée et sous le bleu qui sert à souligner les yeux.
Collages et écriture, de reprises en reprises, créent des accords d’elles dont Gabrielle Jarzynski garde le secret et le rêve dans une sorte d’atavique anarchie pour femmes aux yeux turquoises.
jean-paul gavard-perret
Gabrielle Jarzynski, Le mal du bleu, illustration de Smith Smith, éditions Douro, coll. Bleu-Turquin, 2021.
One thought on “Gabrielle Jarzynski, Le mal du bleu”
Bleu pivoine …quand tu nous tiens