François Ravard, d’après Léo Malet, Nestor Burma dans l’île

François Ravard, d’après Léo Malet, Nestor Burma dans l’île

En septembre 1968, Nestor Burma est en route pour la Bretagne, pour l’île de Men-Bahr. Lorsqu’il s’arrête pour faire le plein, il demande de vérifier le moteur, celui-ci lui occasionne des soucis. En attendant, il apprend qu’il est le second client à se rendre sur l’île aujourd’hui, ce qui étonne le mécanicien.
Nestor est là après avoir reçu un télégramme du docteur Maurat qui fait part de l’étonnement de Mme Chambaud pour le silence du détective après l’envoi d’une lettre. Elle veut le voir mais elle est mourante. Le détective se souvient de cette charmante dame à qui il a rendu service il y a quelques années et qui lui avait promis de le coucher sur son testament. Et comme rien ne le retient à Paris…

Dans la poche de l’imper, oublié par le client précédent, le mécano trouve un numéro spécial consacré à la fête annuelle sur Men-Bahr. Il y figure une photo de Mme Chambaud en compagnie d’une autre dame.
Quand Nestor arrive la dame est décédée. Des détails, cependant, attirent son attention. La bonne est introuvable et le neveu ne semble pas très chagriné. Et son sixième sens d’enquêteur…

C’est la seconde fois que François Ravard aborde l’univers de Léo Malet. Il y a cinq ans, il a assuré le dessin des Rats de Montsouris, adapté par Emmanuel Moynot. C’est seul qu’il aborde le dernier roman de la série Nestor Burma, paru en 1970 aux éditions Fleuve Noir. Cet album porte le numéro 14 dans les adaptations en bande dessinée, les quatre premiers étant l’œuvre de Jacques Tardi. François Ravard reprend, d’ailleurs, l’univers graphique de ce dernier de belle manière.
L’adaptation du livre est fameuse tant pour le fil de l’intrigue que pour les atmosphères chères à Léo Malet et qu’on retrouve ici, intactes. Le personnage est typique de ces détectives qui ont émergé dans les années 1950/60, faisant volontiers le coup de poing, et recevant des coups sur la tête. Et ici, Nestor en reçoit pour son compte. C’est aussi l’humour du romancier que l’on retrouve avec un grand plaisir, un humour caustique, féroce, pointant sans fards les travers de ses contemporains.

Le graphisme reprend donc celui initié par Tardi, que ce soit la tronche du héros et la représentation de son entourage. L’auteur installe les décors de la fin des années 1960 et met en scène une île bien représentative de celles qui existent dans la région. Le découpage des planches est équilibré, structuré, pour mener vers un dénouement à la Léo Malet.

Ce nouvel opus des adaptations de l’œuvre policière de Malet est remarquable pour le respect de l’intrigue tout en apportant une touche personnelle bienvenue, d’une grande maîtrise et d’un bel enrichissement.

Dessin et adaptation scénaristique de François Ravard, d’après le titre éponyme de Léo Malet et l’univers graphique de Tardi, Nestor Burma dans l’île, Casterman, septembre 2026, 88 p. – 18,00 €.

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