François Debois, Mika & Cyril Vincent, Larmes de fées – Tome 1 : « La mélopées des Abers »

François Debois, Mika & Cyril Vincent, Larmes de fées – Tome 1 : « La mélopées des Abers »

La Bretagne au XIXe siècle, la mer, les fées, les korrigans…de bons ingrédients pour une nouvelle série prometteuse.

 

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ourquoi les marins bretons devraient-ils mourir en mer ? Quelle malédiction pèse donc eux pour que les femmes doivent si souvent pleurer leurs époux ?
Ces deux questions ne cessent de tourmenter Gwenn, qui a assisté, impuissante, au naufrage du navire de son mari Erwan, alors qu’il rentrait au port. En fouillant l’épave du bateau, elle met la main sur le journal de bord que tenait Erwan. Il y dévoile un vieux secret de marin, qu’elle découvre avec stupéfaction : les Morriganes, des créatures aquatiques et les Sylvains, peuplade des côtes granitiques, se livrent depuis des siècles une guerre sans merci qui emporte les navires dans ses soubresauts.
Gwenn, qui à aucun moment ne doute de la véracité des propos d’Erwan, veut comprendre le pourquoi de cette guerre. Elle aspire à la justice – voire à la vengeance – et se lance à la recherche d’une nymphe de la forêt, la Dryade, qui fait pleurer les fées par ses chants. Sa quête risque bien d’exiger d’elle un lourd tribut et de la transformer à jamais…

« La mélopée des Abers » est le premier tome d’une nouvelle série de la collection « Celtic » des éditions Soleil. Dès les premières pages, on est séduit autant par la qualité de la narration que par celle du graphisme. Une poésie typiquement bretonne se dégage de cette bande dessinée qui sait revisiter certaines histoires féériques. On est emporté comme ces marins par la mélopée de la Dryade, et l’on tourne à regret les dernières pages d’un monde où les korrigans sont les victimes des Leprechauns, où les fées versent des larmes sur le sort des humains, pris dans une guerre magique qui les dépasse.

L’héroïne, Gwenn, a sûrement une bonne part dans l’attachement que le lecteur vouera à cette série. Femme de marin, qui se bat pour assurer la subsistance de sa famille, elle a un caractère bien trempé. En quête de vérité, elle ne veut pas subir un destin qu’elle n’a pas choisi, elle est toujours dans l’action, elle cherche à comprendre un monde qui la dépasse et va se retrouver beaucoup plus impliquée qu’elle ne le voudrait dans cette guerre ancestrale.
Le port de Concarneau est également bien représenté, ses ruelles étroites, ses estaminets d’antan fréquentés par les marins et les prostituées donnent vie à une histoire qui sait habilement mélanger réalité et magie. Bonne chance à Larmes de fées et à messieurs Debois et Mika, des habitués de « Celtic » – Les Contes du Korrigan, Le Grimoire de féérie… 
À n’en pas douter les fées ont dû se pencher sur leur berceau pour que leur imagination soit si prolixe !

franck boussard

   
 

François Debois, Mika & Cyril Vincent, Larmes de fées – Tome 1 : « La mélopées des Abers », Soleil coll. « Celtic », 2006, 48 p. – 12,90 €.

 
     

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