Eric Pessan, L’imbécile a dit
Du corps on ne sait rien ou du moins pas grand-chose, mais c’est ce qui permet à la « vraie » littérature de se poursuivre. Même pour « L’imbécile » renforcé ici par la présence de créateurs d’images coruscantes. Toutes en truculence, elle sont propres à la libération d’énergies multiples. Jaillit l’envie de déchirer pour voir la réalité du corps nu, sa réalité adorée jusqu’à l’excès dans sa force de vie.
Pessan y est fidèle à lui-même. Il propose ses angles de vue dégingandés que souligne la pornographie de façade de certain(e)s intervenant(e)s à la recherche d’une harmonie par et au besoin des empilements. Ils évoquent à la fois la hantise et la puissance du corps. Le livre en compose un « cairn » et fait de nous plus que des voyeurs : des correspondants clandestins aux paroles et images de nudité mélanges d’eau et de feu, d’ombre et de lumière.
L‘auteur ouvre au jouir plus qu’à la « désidération ». Il prouve la justesse de ce qu’affirme Novarina « La littérature est un long travaille d’imbécillité« . Celle-ci provoque l’élargissement des et du sens, brûle le cerveau même si les parois du crâne (enveloppe de l’enveloppe, folie de son dedans) semblent intactes à la frontière des mots et leur nécessaire défaillance.
jean-paul gavard-perret
Eric Pessan, L’imbécile a dit, avec Anya Belyat-Giunta, Luc Detot, Sarah Jérome, Abel Pradalié, Peggy Viallat, Editions A / OVER, Saint-Etienne, 2016 – 19,00 € .

One thought on “Eric Pessan, L’imbécile a dit”
magnifique Edition A / OVER avec Eric Pessan superbe association…