D’une aile

D’une aile

Comme un héros de Beckett, j’ai dormi dans la chambre de maman aussi bien rangée que ses émotions. Parfois, elles se transformaient en une fureur comme celle de deux chevaux hennissant et partant au galop. Elle fendillait la neige du jardin. Selon ma psy ma pureté est freudienne. La sienne plus frauduleuse.

Mais j’en dis non. J’entends encore ses cris lancés comme des arbalètes tendues en ma direction. Mais sa voix s’est fatiguée. Quand le dégel arrive, elle ne se défoule plus sur le jardinier. Certes, le caché refait surface et prend le dessus. Le blanc devient boue. Mais il n’est pas le seul. Tout est gâché Et il faut maintenant simplement faire attention. Je finis les mots que je tiens dans la main avant de desserrer le poing.

Photo : Richard Tuschman

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