Dolores Redondo, En attendant le déluge

Dolores Redondo, En attendant le déluge

Dans un avant-propos, Dolores Redondo installe deux éléments fondamentaux de son roman, un roman qu’elle dit écrire depuis trente-neuf ans. Depuis qu’adolescente, lors du voyage de retour dans son pays basque, elle a été confrontée aux inondations catastrophiques de l’été 1983 à Bilbao.
Elle intègre les meurtres non résolus, à ce jour, commis à Glasgow entre 1968 et 1969 par le tueur surnommé Bible John par les médias.

Dans le froid glacial, un jeune garçon est contraint de laver des linges ensanglantés.
L’inspecteur Noah Scott Sherrington a intégré, depuis trois mois, l’hôtel de police de la Clyde où se situe le centre de recherches visant la capture de Bible John. C’est un assassin responsable de trois meurtres sur des jeunes femmes croisées dans une discothèque de Glasgow entre 1968 et 1969. Elles portaient sur le corps des marques d’une extrême violence et toutes avaient leurs règles.
Noah s’acharne à retrouver ce tueur, persuadé que celui-ci continue à assassiner, ayant évolué, pendant ces quatorze années, en fonction de la science forensique. Il a repéré un individu qu’il suit. Ce qu’il découvre l’amène à intervenir. Il y a bagarre et, au moment où Noah se rend maître de l’homme, un infarctus le terrasse.
Revenu d’entre les morts, il n’a, compte tenu de l’état de son cœur, que quelques mois à vivre. Mais il continue sa traque et celle-ci se resserre. Des indices l’orientent vers l’Espagne, vers Bilbao où de nouveaux meurtres de jeunes femmes surviennent à la sortie de discothèques…

L’intrigue se déroule de l’Écosse à l’Espagne, de Glasgow à Bilbao. La romancière lie avec brio les deux contrées et les éléments dramatiques qui s’y déroulent. Sur les rives du Nervión, il pleut souvent et cela se dégrade de plus en plus donnant la catastrophe de fin août 1983, en pleines festivités. Bilbao est un personnage à part entière dont elle décrit les tensions politiques menées par l’ETA, les fêtes de l’Aste Nagusia et la montée inexorable des eaux.
Elle installe une belle galerie d’acteurs de ces drames en commençant par le héros, un policier écossais gravement malade. Il permet à Dolores Redondo de donner nombre d‘informations sur les maladies cardiaques, les éléments médicaux qui accompagnent ces crises et assure une belle description de tout ce qui concerne la transplantation cardiaque. Il se trouve qu’en 1983 les expériences se multiplient avec le succès que l’on connaît.

Dolores Redondo n’hésite pas à introduire des scènes fortes, d’une belle tension. Une tension qu’elle fait monter au fil d’un récit où elle mêle nombre d’apports de toutes natures, que ceux-ci concernent la politique ou des techniques.
Chaque chapitre commence par un vers d’une chanson de Nick Kershaw qui a fortement marqué la romancière, Wouldn’t it be good. En annexe, le texte complet est proposé en anglais et traduit.

Une fois encore Dolores Redondo signe un roman fiévreux, où l’intrigue se développe pour mettre en scène une traque obsessionnelle, les séquelles de traumatismes, une catastrophe climatique et ses conséquences dans une atmosphère de tension rare.

Dolores Redondo, En attendant le déluge (Esperando al diluvio) traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon, Folio Policier n° 1067, mars 2026, 608 p. – 10,00 €.

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