Danseurs de lumière
Quand deux espèces en guerre nouent le plus étrange des dialogues pour leurs survie… un beau moment de poésie et de tolérance !
La Terre, dans un futur proche. Ses océans sont envahis par des créatures extraterrestres, mi-poulpes, mi-méduses, les Meds.
Triss, délinquant récidiviste dans une société totalitaire, est choisi pour une mission suicide par un gouvernement qui veut autant se débarrasser de ses jeunes rebelles que des Meds.
Il est embarqué avec plusieurs autres rebelles dans une navette à destination de Medusa, la planète d’origine des Meds. Le vaisseau est censé exploser une fois qu’il aura pénétré l’atmosphère de cette planète. Mais l’équipage est capturé et gardé en observation dans une prison faite d’eau solidifiée.
Alors que les guerres de pouvoir font rage entre les survivants, Triss va entrer en contact avec un de ses mystérieux geôliers.
Comme à son habitude, la collection « Autres Mondes » nous propose un texte de science-fiction d’une belle qualité. Frédérique Lorient publie ici son premier roman. Professeur de français dans un collège de Moselle, cette nouvelle auteure saura donner envie de lire ou d’écrire aux adolescents, tant son texte séduit d’emblée par sa poésie, et son sens de l’aventure.
Danseurs de lumière nous raconte l’improbable rencontre entre les représentants de deux espèces qui n’ont pas encore trouvé de moyen de communication : Triss, un jeune humain, et un Med. Triss est chargé de rancœur, voire de haine envers ces Meds qui envahissent sa planète, car il a été conditionné par un gouvernement terrien despotique et totalitaire. Son crime est d’avoir volé des livres pour les lire à son père malade dans une société qui refuse cet outil culturel, et l’on ne peut que penser à Farenheit 451, référence clairement évoquée par l’auteure.
Triss n’a au départ rien d’un voyou, mais on a fait de lui un être aigri qui va être confronté à de réels criminels dans sa prison.
Médusa, gêole aquatique, va d’ailleurs devenir le cadre de guerres de clans entre anciens et nouveaux prisonniers, offrant en spectacle aux Meds, ces méduses en voie d’extinction, tout ce que l’humanité a de meilleur et surtout de pire. Le contact ne sera pas facile entre ces deux peuples ; seul Triss croit à une communication possible, apportant rédemption aux humains – ou aux Meds, la question reste posée, car la fin du roman est une porte ouverte à l’imagination du lecteur, qui écrira lui-même la suite qu’il désire.
Danseurs de lumière est un beau premier roman, qui nous donne encore l’occasion de partir pour un « Autre Monde » onirique et plein de tolérance.
franck boussard
Frédérique Lorient, Danseurs de lumière, mars 2006, Mango Jeunesse, Coll. « Autres mondes », 216 p. – 9,00 €.