Che cas Laure !

Che cas Laure !

Reprenant parfois les traits d’une mère, Laure – disons la première – fut pour Pétrarque une réinvention littéraire tirée de sa lecture d’Ovide et de son désir de se comparer à Dante. Il voulut la sublimer et la pousser à la limite de son besoin de poésie et de gloire. Quant à la vraie Laure, Bataille en fit sa compagne et publia (avec Leris) en œuvre posthume son héritage introspectif et génial.

Reste son Secretum (« Ecrits ») majeur dans la littérature et la philosophie. Certes, chaque fois que Pétrarque et Bataille s’y dévouent, ils parlent en autre de Laure. Au laurier de leur amour une femme abstraite puis la concrète ; restent les matrices spirituelles du legs courtois. De la cour avignonnaise où Pétrarque grandit jusqu’à Paris où Bataille passa sa vie, Laure reste l’émergence d’une nouvelle figure. Ils en devinrent les opérateurs pour régaler leurs lecteurs en leurs bruissement d’elles.

Photo : Jean-Marc Flauraud

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