Certains l’appellent Agatho
Pour sa soif
L’alcool de poire me rend ivre et m’éloigne de tout sujet d’avenir – par noble désœuvrement et en titubant et en tentant de suivre la pellicule de mon existence jusqu’à extinction de mon film et ses fronces de mon verbatim. Peu à peu, je mérite la médaille de vivre. Cela s’arrose aux effluves distillées de ce fruit au galbe suave, à la souplesse juteuse, au rebondi de sa panse et au grenu de son cœur.
Baudelaire ne m’en dénierait pas. Et je trinque à sa victoire en nos temps renouvelés de tortures romaines dont la balance pèse de tout le poids de mes péchés. Après tout, la poire à lavement d’une telle fine pénètre les intimités de mon corps au zinc de mon quartier. Elle m’assure mon éphémère et donne à ma caboche des songes tant elle reste experte en désertions et apparitions de vérités secrètes par ses révélations.
jean-paul gavard-perret
Photo : R. Gibson