Catherine Andrieu, Un bain d’étoiles
Auteure entre autres de Les griffes d’obsidienne, Des nouvelles de Minotaure et de Le cliquetis des mâts (Rafael de Surtis, 2024), Catherine Andrieu est née en 1978. Après une enfance au bord de la Méditerranée,elle a enseigné la philosophie à Aix-en-Provence. Elle débute une carrière d’artiste-peintre, sous l’influence de Munch et du pop art, puis un drame marque l’entrée de l’auteure dans le monde particulier de la poésie et de l’écriture au sein d’une mythologie personnelle dans une vingtaine de récits poétiques et recueils. Elle vit depuis 2021 à Royan où elle poursuit son œuvre singulière.
Dans Un bain d’étoiles à la mémoire de Noémie, elle propose des voyages avec sa sœur et rappelle qu’était amoureuse, un jour sur deux, d’éphèbes de fortune musiciens « le reste de l’année n’importe où / Mais avec toi mon chat, c’est chez moi partout ». Ayant besoin du vertige des vagues, à dix-sept ans elle s’est enfuie « dans la nuit la colère du père » vite rattrapée par les flics mais écrivait déjà des poèmes. Depuis, elle écrit des textes où tempêtent des « vaisseaux fracassants d’écume » là où nichent les mouettes sur le port de Royan. Flotte le cadavre vivant de ses amis d’enfance dans les méandres de sa mémoire. « Somnambule telle une poupée à mon effigie sous la lune immobile ». D’où ses adieux et retours dans ses » irradiations complot de la lumière ».
Dès lors, Catherine Andrieu, poète surréaliste par excellence, poursuit ses illuminations sur le fil de l’indifférence de ses hommes et reste seule avec son « chat-grin ». Jadis schizophrène, elle avance en ce port d’Océan. D’où cette ode à la sœur avec laquelle elle prend encore la nuit en bain d’étoiles. Apprivoisée « comme le renard du Petit Prince », sa morsure de la disparition demeure.
jean-paul gavard-perret
Catherine Andrieu, Un bain d’étoiles, Encres Vives, collection Encres Blanches, 2025, Abonnement 12 vol. (1 an), correspondance à Éric Chassefière, 232 av. du Maréchal Juin 34110 Frontignan.
