Bruno Fern, Des tours suivi de Lignes

Bruno Fern, Des tours suivi de Lignes

Bruno Ferrn écrit en s’emparant de la langue en tant qu’un matériau plié à des contraintes formelles très littéraires, dans chaque partie de son livre où des jeux rhétoriques s’imposent. Par exemple dans Des tours,  » Chaque poème est issu d’un texte dont l’origine est indiquée. Un extrait y a été prélevé puis scindé en deux parties : la première est placée à la fin du poème et la seconde au début. Entre ces extrémités figure un écho plus ou moins lointain au texte original, comme les images dans les glaces déformantes d’une fête foraine. » Ce lieu choisi à la fin de cette explication du poète n’est pas fortuit. C’est en effet une parenthèse inspirée, une aire de jeux où tout est permis avec des frissons mais sans dangers ou risques.

Il en va de même dans la poésie où tout, est sinon faux, du moins joué. Et les processus choisis par Fern sont des« comme si ». Jodelle, Rilke (entre autres) sont ici empruntés et déplacés. Les termes de « douleur », de« plainte », de « corsage » ou « cordage » sont ici forcés par et pour leur polysémie. Bref, nous restons dans le jeu. En de telles transformations, l’égard ment et c’est un réel plaisir pour le sens comme pour l’intelligence dans ces tours et détours de frange.

Bruno Fern, Des tours suivi de Lignes, Louise Bottu, 2025, 96 p. – 10,00 €.

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