Laurent Joffrin, Les enquêtes de Nicolas Le Floch – « Le Mystère de l’armoire de fer »

Laurent Joffrin, Les enquêtes de Nicolas Le Floch – « Le Mystère de l’armoire de fer »

En ce 1er juillet 1792, Nicolas Le Floch est dans une salle basse du Grand Châtelet. Bien que des différends politiques les opposent, Bourdeau a invité son ami à voir un singulier cadavre retrouvé dans la Seine. L’homme a été sauvagement torturé, mais semble avoir été tué avant de parler. L’affaire prend une autre tournure lorsque Nicolas reconnaît le second valet du roi.
Paris est en ébullition. Louis XVI est logé, sous bonne garde, aux Tuileries depuis qu’il a été contraint de quitter Versailles. Il a fait amener avec lui une mystérieuse armoire de fer qui doit contenir des documents compromettants pour la royauté. Nicolas, en reconstituant les événements récents est persuadé que l’on cherche à s’approprier les secrets contenus dans cette armoire.
Les proches du roi, les proches du commissaire, les témoins clés sont en danger. Et les événements dramatiques se multiplient jusqu’à accoucher de la situation dantesque du 10 août 1792 et ses terribles conséquences…

Laurent Joffrin met en scène une nouvelle enquête de ce commissaire qui sert le mieux possible la royauté. Cette fois-ci, c’est autour d’une armoire, qui devient le symbole des secrets d’État, que l’intrigue se développe avec comme point d’orgue cette journée qui marque la fin de la royauté avec toutes les conséquences qu’elle a entraînée. Le récit se déroule du 1er juillet jusqu’au dimanche 2 septembre 1792.
Le romancier, avec justesse, une belle maestria, conjugue reconstitution historique, actions débridées et suspense. Le commissaire va vivre, en compagnie de ses proches, une suite de péripéties haletantes avec enlèvement, poursuites, fuite effrénée, évasion vraie et fausse, chantage…
L’auteur ne fait pas grâce des exactions, massacres, et décrit la fureur populaire, des individus assoiffés de sang. Il donne des points de vue étonnants comme celui de Charles Henri Sanson, le bourreau en titre de Paris, qui est confronté au « modernisme » et regrette l’arrivée de la guillotine que presque n’importe qui peut actionner. Mais, malgré le marasme, il permet à son héros de goûter aux plaisirs de la table chaque fois que c’est possible. Et les occasions sont nombreuse si on sait les provoquer.

Documenté, précis, le texte de Laurent Joffrin réussit à mêler la rigueur du contexte révolutionnaire, une efficacité narrative, à une intrigue policière captivante. Il décrit Paris comme une ville en fièvre, où les rues, les faubourgs et les institutions vibrent de colère. Et le héros mène une enquête qui éclaire les enjeux politiques tout en tenant en haleine.

Laurent Joffrin, Les enquêtes de Nicolas Le FlochLe Mystère de l’armoire de fer, Éditions 10/18 n°6114, coll. Polar, octobre 2025, 286 p. – 8,90 €.

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