Bertrand Prévost, L’Élégance animale

Bertrand Prévost, L’Élégance animale

Bertrand Prévost ouvre l’éventail de l’incomparable richesse de formes, de motifs et de couleurs que prodigue notre bestiaire : zébrures, taches, ocelles, couleurs chatoyantes, plumages iridescents, traînes, crêtes, etc. Au-delà de la beauté des animaux et de leur substrat physique ou organique, l’essayiste en souligne la profonde expressivité. En ce sens, l‘auteur nous situe au-delà de ce qu’il nomme l’« élégance animale ». D’autant qu’elle résonne jusque dans nos propres manières d’apparaître, nos modes vestimentaires et apparats.

Aux confins de l’utilitarisme darwinien axé sur la fonction des formes et les singularités de cette forme, autant dire sa valeur distinctive, Bertrand Prévost se rapproche du zoologue suisse Adolf Portmann (1897-1982) qui avait fait de la présentation-de-soi une réalité irréductible à toute utilité physiologique et ainsi éprouvé la diversité des apparences animales dans leur profonde vitalité.

Mais l’essayiste pousse plus loin : il pense les apparences zoologiques comme des images en soi, des « apparences sans destinataire ». Si bien que les animaux, non seulement communiquent entre eux, mais avec leurs milieux : fleurs, rochers, ciel ou la mer. Et de transfigurer ainsi la « cosmétique animale » en une authentique cosmologie. Tout un monde présent mais méconnu s’ouvre et s’élargit.

Bertrand Prévost, L’Élégance animale, Editions de Minuit, 2025, 176 p. – 19,00 €.

Laisser un commentaire