Assez Phalle

Assez Phalle

(Qu’est-ce que la poésie ?)

Nous sommes des Ducasse sans le moindre fifrelin ou destin. Il n’existe pas de tels témoins qui se parfument en fats bergers ou à l’huile de l’un. Nous sommes de quasi saints vissés de notre béret, couvre-chef serre-joint de notre cerveau.
Le reste est littérature : exit sujets ou objets. Notre corps ne pense pas sinon en moments pathétiques ou péri-papéticiens. Nous cultivons nos boulettes. Elles ignorent enfer et paradis aussi peu compréhensibles qu’abscons.

Changeons parfois nos salades de notre cageot. Leurs feuilles conditionnent notre écriture : et nous voici de Ponge, Francis. Le tout pour mettre en abyme quelque chose de pourri comme si tout est perdu dans notre royaume expressif. Demeure pourtant notre poésie sans élans mystiques ou obscénités coprophagiques.
Restons Jojos et parjures. Oui à la parodie sans moindre foi puisque tel est notre serment gnomique – sa faim justifie tout, notre début compris. Restons les plus sommaires monosémiques, fiers de notre ridicule. Là notre meilleure impulsion didactique et notre exaltation mi-stick dont Artaud lui-même inventa les bâtons.

jean-paul gavard-perret

Photo : Anne Van der Linden

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