Alex Crippa (scénario), Andrea Mutti (dessin), Angelo Bussacchino (mise en couleurs), Nero – Tome 1 : « La Cinquième victime »
Premier volet d’une enquête de Guiliani Nero dans les faubourgs de Brescia, au milieu d’un déluge.
À Brescia, en Italie, Giuliani Nero, un ex-flic, traîne son blues, ses doutes et sa vie de raté jusqu’au jour où le mari de Silvia, une femme assassinée et dont le corps grossièrement recousu a été retrouvé dans une scierie, lui demande d’enquêter. Le repris de justice qui a découvert le cadavre, est un, véritable schizophrène – et, de fait, le coupable désigné. D’ailleurs il a avoué. Mais le mari n’est pas convaincu. Tout est trop facile, et il a l’impression que la police est passée à côté de quelque chose d’important.
Nero a conservé des liens avec ses anciens partenaires, qu’ils soient médecin à la morgue ou revendeur de drogue à la sauvette. Et puis, le déclic survient avec la découverte d’un livre emprunté par la victime à la bibliothèque. Un livre sur les chiens, elle qui adorait avant tout la science-fiction, et qui a été vue avec un « ami » inconnu. Cette unique piste conduit Nero dans un chenil à la périphérie de Brescia, un endroit semi-désert à vous donner la chair de poule, et dont le gérant est bien antipathique malgré son amour pour la race canine. Silvia Zacchini est bel et bien venue pour acheter un chien en compagnie de cet « ami ». Et puis, il y a des fragments de marbre que l’on retrouve sur le corps d’une nouvelle victime, elle aussi grossièrement recousue. Où trouve-t-on du marbre si ce n’est dans un cimetière ? Nero avance au radar, mais lentement. Le temps que les victimes se multiplient. Trois, puis quatre, puis cinq (si tant est qu’un chien puisse être comptabilisé aux côtés des victimes humaines). L’étau se resserre à mesure que la nervosité de Nero s’accroît, et que le mauvais temps s’installe sur une Brescia vite détrempée. La nuit, les passants sont rares, seuls les ivrognes sont insensibles aux gouttes de pluie torrentielles qui coulent sur leur peau et leurs vêtement fripés. Des conditions idéales pour un nouveau crime.

La Cinquième victime est le premier volet des enquêtes de Guiliani Nero. Cinquante-six pages brillamment mises en couleur par Angelo Bussacchino, et qui nous viennent en ligne rouge et droite d’Italie, cet autre pays de la BD. Un dessin d’Andrea Mutti somme toute plutôt classique mais qui a l’avantage de pouvoir plaire à un public varié, avec quand même quelques très belles planches qui révèlent la ville de Brescia dans toute sa tristesse. Le scénario d’Alex Crippa, traduit pour l’occasion par Pierre Rigaud, est un modèle du genre, avec un détective approchant de la quarantaine, désabusé mais, là, pas porté sur l’alcool ni la musique, en revanche hanté par la question de la mort : être tué… ou tuer !
julien védrenne
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Alex Crippa (scénario), Andrea Mutti (dessin), Angelo Bussacchino (mise en couleurs), Nero – Tome 1 : « La Cinquième victime » (trad. de l’italien par Pierre Rigaud), Casterman coll. « Ligne Rouge », août 2006, 56 p. – 9,80 €. |
