Donald Westlake, La Mouche du coche

Donald Westlake, La Mouche du coche

Quand les cadavres s’évaporent du cimetière, c’est tout le monde du mafieux Aloysius Eugene Engel qui menace de s’écrouler.

Les éditions Rivages continuent leur vaste travail d’édition et de réédition des œuvres de Donald Westlake (alias Richard Stark). La Mouche du coche (The Busy Body) a paru dans un premier temps à la « Série Noire » en 1966 sous le titre Les Cordons du poêle, à une époque où l’on tronquait un ouvrage pour qu’il intègre une collection où le nombre de pages était limité. Ce roman nous revient aujourd’hui dans sa version intégrale, avec une nouvelle traduction, plus moderne.

Aloysius Eugene Engel est le bras droit du caïd de la mafia locale, Nick Rovito. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où un modeste passeur de drogue, Charlie, meurt d’une crise cardiaque, le visage sur une plaque chauffante. Un enterrement en grande pompe est organisé et pour le plus grand malheur de la bande, sa veuve l’habille de son beau costume bleu.

Le problème, c’est que ce costume abrite pour 250 000 dollars de drogue. En fait, ce problème-là est le moindre de tous : Engel est chargé de déterrer le corps et de récupérer la veste du costume, et c’est là que le cauchemar commence. Le cercueil est vide. Engel doit retrouver la drogue, c’est une question d’honneur, et bien des écueils se lèvent sur son passage. L’entrepreneur de pompes funèbres est assassiné pendant qu’Engel est pourchassé par une meute de policiers en tenue d’apparat et qu’une veuve très vamp crie au meurtrier…

Là-dessus, Nick Rovito commence à bouillir pendant qu’on complote dans le dos d’Engel et que sa maman le harcèle au téléphone. De quoi menacer de partir pour la Californie. D’autant que sa belle se lasse d’écrire des messages au rouge à lèvres au dos de CV qu’elle punaise à l’aide de faux ongles sur la porte de son appart.

Avec La Mouche du coche, c’est le Westlake des grands jours que l’on retrouve. Celui d’Aztèques dansants, qui va à cent à l’heure. Celui qui est le seul à savoir où il va. Le roman n’a pas pris une ride et c’est un véritable cocktail d’humour qui nous est offert. Westlake jongle avec les situations comiques et ubuesques. Ses personnages, aussi irréels soient-ils, sont dignes des plus grandes comédies hollywoodiennes.

Il est à noter que huit cent cinquante exemplaires hors commerce de cette édition ont été réservés aux membres de l’association 813.

Pour contacter l’association (qui édite une revue que les amateurs de polars connaissent bien) :
Association 813
26, rue Poulet
75019 PARIS

julien védrenne

   
 

Donald Westlake, La Mouche du coche (traduit de l’américain par N. Shklar), Rivages, 2004, 241 p. – 7,00 €.

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