Elena Truuts, Et tu sais

Elena Truuts, Et tu sais

Elena Truuts met en scène par cette suite du poème des thèmes universels dans un art métaphorique très contemporain. Elle combine la sensibilité par la beauté poétique de son écriture tout en touchant à une forme de réalisme où « c’est plein de vie dedans ». Parfois, sa poésie devient une prose qui « est une prose et une prose » accompagnée de rhizome (cher à Deleuze et Guattari) avec une forme d’ironie où au « pense à moi » répond son « et tu sais ». C’est ingénieux, subtil en une certaine volontaire cohésion défaite – sans maladresse mais avec autodérision.

En collaboration avec des écrivains et le monde, tout reste aiguisé et sobre. Un tel mixage est ingénieux voire parfait. A travers ses textes hybrides inhérents à l’être humain – fragilité, vulnérabilité, imperfections -, Elena Truuts trouve sa combinatoire dont sa poésie crée une densité aux thématiques abordées avec gravité et distance. Face aux esprits négateurs, elle se veut vivante, perforatrice acérée là où il n’y a pas de néant puisqu’elle le métamorphose dans la majesté d’une parfaite rigueur.

Certains pourraient trouver là la vanité des vanités. Ce à quoi l’auteure répond qu’il ne faut jamais séparer toute écriture de son contexte. D’où ses périples qui lui permettent de bousculer les idées reçues, entre fausse naïveté et insolence. Histoire de porter le coup de grâce à une culture de l’agonie. Elle trouve partout recommencement là où ce ne serait plus seulement les violents qui l’emportent. Elle n’a pas de cadavre sur les bras mais l’avenir devant elle grâce à son audace.

Elena Truuts, Et tu sais, Encres Vives éditions, Frontignan, 2026, 32 p. – 6,60 €.

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