Salva Rubio & Alejandro González, L’Évasion de Colditz – t.01 : « Zugzwang »

Salva Rubio & Alejandro González, L’Évasion de Colditz – t.01 : « Zugzwang »

Le scénariste, enfant, regarde avec passion une série produite en 1972 par la BBC : Colditz, la guerre des évadés. Le point de vue dominant est celui des Britanniques faisant croire qu’ils sont les héros du lieu. Or, plus tard, faisant des recherches, Salva Rubio découvre qu’il y avait cinq fois plus de prisonniers français que britanniques, que la première grande évasion est gauloise comme le plan le plus ambitieux pour fuir.
Il décide donc de raconter l’histoire du contingent le plus important et dont on a le moins parlé dans l’histoire du château.

Colditz est un Oflag – Offizierslager -, un camp où sont enfermés les officiers. Il est dirigé par la Wehrmacht. Situé en Saxe, il se trouve à six cents kilomètres de toutes frontières. Les prisonniers, protégés par la Convention de Genève, ne pensent qu’à s’évader.
C’est ici le récit de la préparation, de quelques-unes des évasions, sachant que la première qui a réussi est l’œuvre du lieutenant et chasseur alpin Alain Le Ray.
Pour ce faire, le scénariste met en scène un personnage de fiction, inspiré de quelques individus authentiques et raconte le duel que va livrer celui-ci contre un gardien dont le rôle est d’empêcher toutes fuites.

Gérard Bonaventure est un pilote français abattu en mission. Il est transféré à Colditz après un séjour dans divers lieux d’enfermement. Cette prison, réputée inviolable, est installée dans un château perché sur son éperon rocheux. Bonaventure découvre un monde avec des couloirs étroits, des cours intérieures surveillées, des miradors, où chaque geste est observé. Il est accueilli dans le camp français, dirigé par le capitaine Fournier. Celui-ci lui explique les règles implicites. S’ils sont protégés par la Convention de Genève, et si les Allemands tiennent à une certaine honnêteté, toute tentative d’évasion est punie sans ménagement.
Bonaventure va alors s’engager dans une sorte de jeu d’échecs, de duel psychologique avec le lieutenant Wagner, gardien méthodique pour qui chaque tentative d’évasion est défi intellectuel…

Alejandro González assure dessin et couleurs. Il installe, avec un trait dynamique, réaliste, une galerie de personnages expressifs et animés d’une belle gestuelle. Il propose un décor oppressant, massif, un labyrinthe qui offre de belles possibilités. Il met en scène de façon énergique les différentes actions, particulièrement ce tunnel qui va devenir un élément important.

Ce premier volume met en place le décor, la psychologie des principaux protagonistes, quelques tentatives avortées et la montée progressive du danger. C’est un récit haletant qui ouvre sur une suite bien prometteuse.

Salva Rubio (scénario traduit de l’espagnol par Satya Daniel) & Alejandro González (dessin et couleurs), L’Évasion de Colditz – t.01 : « Zugzwang », Glénat, coll. 24×32, mai 2026, 104 p. – 19,00 €.

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