Marie Grand, Geografia dell’amore. Un’altra storia del buon Samaritano
Dolce stil nuovo
Avec une Postface de Damiano Bondi, Marie Grand, d’un grand classique de la spiritualité, comme Le Bon Samaritain, propose une relecture inédite et d’un point de vue totalement nouveau. Ce livre devient une contribution originale, simple et accessible mais loin des banalités « déjà entendues » et tournée vers la réalité concrète de l’amour.
Une voix jeune, féminine, laïque, est capable de briser les schémas habituels là où, sur le seuil d’une auberge, un voyageur remet à un aubergiste un homme blessé et un peu d’argent. C’est la fin, pas le début, de la parabole du bon Samaritain. C’est aussi le choix narratif que fait Rembrandt dans la gravure de 1633 conservée à Londres.
Marie Grand part de ce détail pour nous dire ce que la tradition chrétienne a le moins souvent pensé : l’aubergiste n’est pas un figurant, mais l’autre visage de l’amour. Peut-on vraiment aimer tout le monde ? Pour Grand, cette question cache deux demandes très différentes, que nous continuons à confondre : aimer chacun sans distinction et aimer tout le monde ensemble.
La première est le défi du bon Samaritain, la rencontre qui change la géographie des liens. La seconde est le défi de l’aubergiste : l’amour qui devient institution (hôpital, école, maison de retraite, cantine pour les pauvres…). Pas de la charité, mais de la justice.
L’auteure montre que les deux figures ne s’opposent pas, mais se soutiennent au contraire : sans bons Samaritains, les institutions s’endorment ; sans de bons hôteliers, l’amour héroïque ne supporte pas le poids de la misère du monde. Voici une relecture sobre et originale, qui rend dignité au travail silencieux de ceux qui tiennent les hôtels ouverts dans le monde.
jean-paul gavard-perret
Marie Grand, Geografia dell’amore. Un’altra storia del buon Samaritano, Elenco Editore, 2026, 112 p. – 14,00 €.