Désert

Désert

Tu vois remonter tes visages aimés. Ils ne parlent pas. Ils sont. Et c’est assez pour que tu les croies vivants. Ta lumière les effleure, te traverse, revient. Tout circule, tout se répond. La mort n’a plus de bord. Je ne sais plus respirer autrement qu’en te laissant faire dans l’océan, légère, apprivoisée. Chaque bulle est un souvenir d’enfance, un éclat d’aube, un instant rendu à l’éternité.

Je comprends que l’air n’est qu’une autre forme de la mer. On peut se noyer dans la lumière aussi bien dans l’eau que dans le désert. Et mourir, parfois, c’est simplement changer de densité. Alors je m’abandonne. Le monde passe à travers toi, et je deviens ta transparence.

Photo : Sonia Fattori

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