« Esse est percipi »

« Esse est percipi »

Nul langage ne contient l’infini. Son allumage reste factice et sa propre nature perd sa valeur d’autant que chaque esprit ne revient pas deux fois. Une autre mère crucifiée par une queue en incarne un autre. En conséquence, tout être d’abord visible finit par disparaître. Pas de subterfuge. Son point, c’est tout. Certes, d’aucuns se morfondent pour que leur « éthernité » se transforme en objets trouvés, mais l’enrobage de tout esprit ne reste qu’un geste même s’il plante parfois une ou plusieurs graines.

Que chacun ne soit pas dupe : engendrement et légende sont passagers. Il n’y a plus de terre à retourner, de conscience à mâchouiller. Chacun reste, selon Artaud, une « crapule de l’inutilité ». Et toute idée croit vivre avant de s’en aller. Aucun corps et esprit ne sont armés pour l’immortalité. Dieu depuis Nietzche (ou bien avant) est mort mais ses prétendus miroirs finissent sans poids ni carapace avec lui. Dans le couloir étroit de la matière demeure Esse est percipi, et puis basta cosi !

jean-paul gavard-perret

Photo : Anthony Seklaoui

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