Yann Miralles, Hui

Yann Miralles, Hui

Nuits et musiques, voix, ondes et lumière

Yann Miralles a reçu le prix Voronca en 2011, pour Jondura Jondura (éditions Jacques Brémond).
Entre rythme syncopé et hommage aux formes anciennes de la poésie, entre émotion brute et retraits réflexifs, son travail suit un chemin qui mêle la tradition et la postmodernité dans divers types de variations-  ici en hommage à une femme saluée ainsi : « ô toi soudain brune dans le robotique »

Le livre part à la recherche du jour en trois mouvements. S’appuyant sur la danse, la dispersion des corps dans la musique robotique (Daft Punk) et sa pulsion, les gestes semblent se détacher du corps pour en rejoindre d’autres. La musique « électronique, les voix « voicodées » font émerger des fantômes par la remontée des souvenirs au sein de rave party et autres fêtes païennes nocturnes et sans lendemain.
Et ce, avant d’atteindre d’autres lieux et d’autres transports pas forcément amoureux sur le Bas Rhône. Le poète le connaît bien et il en remonte le temps par une autre suite de superpositions.

Existe un tractage de l’histoire d’un monde qui disparaît sous forme de vieilles usines abandonnées sur la berge du fleuve en une échographie contre l’écholalie du présent.
Par les gestes de la danse nocturne comme dans le passage sur le fleuve se créent de nouvelles présences au moment où la mémoire redevient immédiate mais pour une mise au monde  à travers un visage inédit et un voix qui jaillit afin de réinventer l’existence.

Le texte tente ainsi d’oxygéner la distance entre les époques et les êtres. Il mâche ses mots pour se transformer en chant avec des captives consentantes.
Et un prisonnier  du passé qui l’est donc tout autant.

jean-paul gavard-perret

Yann Miralles, Hui, Editions Unes, Nice, 2020, 64 p. – 16,00 €.

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