Verlaine, Œuvres complètes

Verlaine, Œuvres complètes

Verlaine est totalement remis dans son temps et ses textes, recontextualisé grâce à la préface et avec appareil critique d’Olivier Bivort. Mais ce qu’il faut retenir, c’est l’émotion que dégage d’un tel styliste de l’âme et de la poésie qui a tourneboulé la musique des « chansons » verlainiennes. Quitte parfois à transgresser, blasphémer, et aimer mal ou non. Et l’auteur de nous le rappeler dans ces Poèmes et vers épars, de 1890 : « Gagnera toujours mieux le suffrage des sages / Que quelque fille que ce soit, célèbre pour/ Son cul d’ailleurs impropre à la fin de l’amour, / Bon tout au plus à de subalternes usages ». Après tout, chacun peut en rêver.

Le tout sans rappeler les jointures poétiques de l’auteur envers Rimbaud (bien sûr) et Baudelaire dont le premier suivit « tout jeune et tout obscur, le cercueil de Baudelaire, depuis la maison de santé jusqu’à la nécropole, en passant par la toute petite église où fut dit un tout petit service d’après-midi. » Doué du « bel stil nuovo » comme de l’humour sarcastique, Verlaine demeure, loin des adeptes du tout à l’ego, un immense poète mais qui, et ne l’oublions pas, écrivit dans les journaux (pour vivre et pour boire trop).

Mais saluons ici l’ouvrage charpenté par Olivier Bivort. Celui-ci a montré comment la poésie de Verlaine parcourt l’échelle des tonalités et l’équilibre entre le possible et l’admissible, sans concession. Aux lecteurs d’y revenir car, loin du scandale, « Les fêtes galantes », comme « Jadis et Naguère ou Parallèlement » sont des supremus de la poésie où Verlaine alla chercher du nouveau dans l’ailleurs comme dans la simplicité du réel.

Verlaine, Œuvres complètes, Gallimard, La Pléiade, 2026, tome I, 1664 p., tome 2 1680 p. – 148,00 €.

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