Typhaine Garnier, Configures

Typhaine Garnier, Configures

Ajouter du langage au langage 

Typhaine Garnier tranche les mots mais jamais pour les mettre kaput.
C’est un accouchement sur le siège du « more » afin d’ajouter du langage au langage lorsqu’il s’étrange dans des filatures de roues-baies là où les égocentriques reçoivent une volée de bois vert par celle qui le hante.

La poétesse est en effet fée de ramures dont on fait les balais de sorcières. Elle nous frappe dans ces traces et de ses farces à mots découverts.
Bref, on fesse-toi dans un jeu poétique de boules à facettes.

L’auteure reconfigure à sa main autant l’Almanach de Michel le jardinier, Ovide, Virgile, Villiers de l’Isle-Adam, Sade, Catulle, Bloy que bien d’autres dans des paysages picturaux.
Il y a là ce qu’elle nomme compote de figues, pâté d’anguilles sous roche plus que sous cloche.

Par « Nouements, Serrements, Ressassements, Fraîchissements, Dénouages », Typhaine Garnier met le feu aux poutres quel qu’en soit le bois.
Et en guise d’éros, la Femme étendue sur la plage de Picasso devient la « vulnérable » nue de partout au milieu de petites amoureuses aux lèvres desséchées pour peu de temps encore.

S’ébrouent – parfois en couples – bien des boulets qu’on nomme hommes ou ce qui en tient lieu et qui ne valent pas toujours mieux qu’une bête. Leur masculement est des plus provisoires.
Ils sont pris dans la danse de la poétesse qui les travolterait du côté de Nogent, là où ne coule pas la scène sauf lorsqu’ils piétinent la maîtresse femme de mots au lieu de la faire chalouper jusqu’à plus soif.

jean-paul gavard-perret

Typhaine Garnier, Configures, éditions Lurlure, 2021, 96 p. -16,00 €.

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