Thibault Biscarrat, Sous les chênes de Mamré

Thibault Biscarrat, Sous les chênes de Mamré

Dernière étape d’un triptyque majeur de Biscarrat, jaillit ici finalement la Lumière. C’est d’une certaine manière, non la fin, mais l’aboutissement de sa quête. Toucher ce point, il n’y a plus de retour en arrière. Il n’y a pas de réparation mais bien plus puisque se touche le supremus de la déité.
Surgit une forme de réponse de l’Inconnu dans cette poésie verticale qui n’a rien à offrir que l’intérieur de l’être. Pour Biscarrat, écrire ce n’est pas dresser des anges pour en faire des icônes mais faire monter l’homme – à savoir un corps et une âme traversée.

Biscarrat n’est plus sous l’ombre de dieu mais devant sa présence. Et son écriture qui « dévoile le soleil du réel » est son encre et celle « des orants et des sages » dans cette méditation qui ouvre à la vie éternelle. Ce recueil montre les retombées de cette explosion intime. Les êtres cherchent là la clé d’une humanité souvent en déséquilibre. Ici, les voix et voie poétiques font bien plus que la guérir. La métaphysique prend le dessus, elle arpente et mange la lumière où plutôt s’en nourrit.

Peu à peu, le monde cesse de s’accrocher à ses contours. Certes, le réel devient un souffle là où le frisson de la divinité n’est pas décor mais langage. C’est un alphabet où chacun disparaît souvent à la mesure de ses silences. Mais l’auteur lui donne voix au sein de cette poésie incarnée, habitée et de son herméneutique.

Thibault Biscarrat, Sous les chênes de Mamré, Ars Poetica, 2025, 70 p. – 12,00 €.

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