Temps de chien
Une cavale infernale dans les Alpes, au milieu d’une tempête de neige, alors qu’Anne-Charlotte est embarquée dans une galère
Un adolescent, champion de ski, est en compétition avec deux sinistres congénères pour intégrer l’équipe de France. Il se retrouve impliqué dans une fuite abracadabrante aux côtés de Miloud, loubard parisien en cavale dans les Alpes. Sur leur chemin, pêle-mêle : une violente tempête de neige, Anne-Charlotte, un mafieux, la police, des parents qui passent leur temps à se chamailler, et des fractures en pagaille, histoire de ruiner des carrières. Le tout dans un froid à faire pâlir le plus endurci des durs à cuire.
Notre jeune narrateur découvre l’inanité des rêves de son père. Ça chauffe plutôt dur sous sa calebasse, et pour mieux répondre à ses parents, équipé de ses chaussures de ski, il va accompagner, encadrer, Miloud pour, peu à peu, le changer et lui prouver son amitié indéfectible. Ajoutez là-dessus une première dose d’amour fou, et vous comprendrez que rien ne pourra arrêter le rouleau compresseur de la révolte chez cet adolescent en mal d’existence. Surtout pas un vieux briscard de mafieux, froid mais fatigué.
Olivier Mau est un habitué de Syros en particulier, et du milieu policier en général. Que ce soit avec Tante Agatha ou Myrtille, ce jeune auteur a déjà su déjà faire étalage de son talent. Temps de chien n’échappe pas à la règle. Le tempo du roman est intenable, comme Miloud et notre narrateur. L’histoire prend à la gorge, tel un vent glacial des sommets des Alpes, et, à l’inverse des télésièges, le rythme et le suspense ne s’arrêtent pas.
julien vedrenne
Olivier Mau, Temps de chien, Syros coll. « Souris noire », décembre 2005, 123 p. – 5,90 €.
A partir de 12 ans.