À fond de train

À fond de train

Guillaume prend le train en marche d’une sombre histoire de faux-monnayeurs, et se voit contraint d’éclaircir cette machination. Il y découvrira l’origine de sa naissance.

Guillaume vit seul avec son père, depuis la mort dans un accident de voiture de sa maman. Leurs relations sont assez sommaires : « à table ! », « tu as fait tes devoirs ? »… au grand dam de Guillaume. Heureusement, Thomas, son meilleur ami, est là pour égayer ses journées. Ensemble, ils font les quatre cents coups. Chevauchant leurs vélos, ils avalent les kilomètres pour assouvir leurs passions. Guillaume et Thomas en partagent deux principales : le train et les romans policiers. Une escapade clandestine dans un train de marchandises va les conduire tout droit vers la piste de faux-monnayeurs.

Et là, la surprise, l’effroi et la déception sont au rendez-vous. Guillaume connaît très bien un des membres de la bande de malfrats. C’est son père. Guillaume se réfugie dans un profond silence. Il n’arrive plus à trouver le sommeil, et quand, par bonheur, il s’endort, des rêves viennent le hanter. Des rêves où il ne se nomme pas Guillaume, mais Vincent. À force de vouloir découvrir la vérité, Guillaume se fait piéger. Et ce n’est pas faute d’avoir été malin. Mais à malin, malin et demi. L’histoire semble trouver son épilogue sur le viaduc de Garabit. Mais elle est sans fin. L’aide précieuse de Thomas parviendra-t-elle à mettre un terme aux machinations des faux-monnayeurs ? Et Guillaume, qui apprend un peu tard que pour mourir, il faut naître (or il n’a pu obtenir de certificat de naissance à son nom en Normandie), réussira-t-il à sauver son père, ou du moins son âme ?

Avec À fond de train, François Librini nous propose un récit au suspense haletant et insoutenable où le monde ferroviaire est prépondérant. Prévu pour un jeune public de onze ans et plus, le roman enthousiasmera également toute personne qui le commencera. Les interrogations d’un jeune garçon, alliées aux problèmes de communication qu’il rencontre avec son père sont universelles. La force de François Librini est de parvenir à instiller une réalité à couper le souffle à une intrigue extraordinaire.

Il n’y a qu’une seule voie à cette enquête. Et pas d’aiguillage possible. Avec cette fâcheuse impression qu’un train déboule en sens inverse, et que la collision est proche. Tout est perdu, surtout qu’un tunnel approche. Et quiconque connaît les tunnels et les chemins de fer sait pertinemment que, qui dit tunnel, dit repère. Quand on a onze ans, les repères, il faut les trouver. Et surtout ne pas perdre ceux que l’on a eu tant de mal à obtenir. La santé mentale de Guillaume résistera-t-elle ? Lisez À fond de train !

julien vedrenne

François Librini, À fond de train, Magnard Jeunesse coll. « Tipik junior policier » (vol. n° 50), octobre 2005, 226 p. – 7,20 €.

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