Tara tâta

Tara tâta

Tous les sentiments s’expriment en cent mots. Après les avoir sortis, il est de bon usage de sucer trois granules de Gelsémium (ou d’Ignata) pour se calmer, sachant que le mystère des sentiments bouffe les mots tant ils sont lourds d’inquiétude métaphysique ou de son fond. Bref, ils ont du mal à passer à travers la gorge tant ils sont divisible entre effet de vérité et de burlesque.

Chacun cherche pieusement ce qui appartient entre l’inextricable et le saugrenu, le comique et le recueillement. C’est comme toujours ainsi, tant notre babil peut être d’une classe dangereuse mais inspirée. Vous le ressentez ? Je le ressens moi aussi d’autant que je suis avancé en âge, physiquement massif, doué encore d’une voix puissante lorsqu’elle sort pour qu’elle assure mon continu narratif.

Mais restent des décalages parfois gênants, entre l’intensité pensive et comique. Je sais en outre que mes mots ne peuvent incarner toute tonalité biblique. D’autant que mon mode d’élocution n’est pas celui d’un surhumain car mon « je » reste un « qui ça » ? Bref, je ne suis ni des prophètes inspirés, ni des rois psalmistes. Et des femmes pas plus ni même celle que Tara tâta.

Photo : Cécile Beaton

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