Enzo Crispino, La mer
Art et paysage bruts
De la mer, Enzo Crispino éclaire les jours des saisons. Il sent ses caresses, entend sa respiration. Il la photographie de son berceau, à savoir la plage – vide, anonyme, brute, frugale.
Le photographe évite tout effet ornemental. Tout reste anonyme, feutré, minimaliste, nu mais saisissant. La hantise du lieu n’a pas besoin d’être soulignée dans l’interstice que crée par définition un rivage.
La mer, la plage n’échappent ni au déclin, ni à l’apologie. Un côté presque drôle est réussi, le côté discursif aussi. Le tout sans y toucher ou presque Tout reste sobre en l’état de basiques camaïeux. Certains curieux voudraient plus d’effets visuels. Ils ont tort. Car une telle « pusillanimité » est une option plastique. C’est tellement habile et astucieux. Et poétique bien sûr.
jean-paul gavard-perret
Enzo Crispino, La mer, Portfolio, L’œil de la photographie, juin 2025.