Sylvain Jamet, [notes fantômes]
De boue
Sur les illusions de bien des allusions, des fantômes bégaient. Mais à eux Sylvain Jamet redonne vie : Pour Walser par exemple, il suffit de la mettre « entre deux virgules », et de sa presque mort il ressuscite. Ces notes deviennent des traces sur les plis de l’âme et certaines déchirures du cœur. Tout ne se passe que derrière un fantôme où se cache un autre, dans une suite de cases mentales où les notes de vie remontent sans pathos mais où ici et généralement la vie n’est pas drôle. Reste dans l’épars et le disjoint le soin de rassembler un viatique aux divers repères temporels de la vie de l’auteur et de ses proches.
Ce livre donne l’impression que la vie se tasse progressivement. Certes, tout lecteur peut rester sur sa faim car il « entend » sous les fantômes sa propre fin. Mais Sylvain Jamet couche les mots pour ne pas s’étendre. C’est sauver son squelette même face au salut bien que des notes égrainent des abandons là où demeurent « fantômes que fantômes » (Beckett). Mais quelques mots les sauvent.
jean-paul gavard-perret
Sylvain Jamet, [notes fantômes], Editions Louis Bottu, Mugnon, 2025, 78 p. – 11, 00 €.