Sonia Elvireanu, Le Voce delle luce

Sonia Elvireanu, Le Voce delle luce

Par sa poésie, Sonia Elvireanu invente une immense métaphore à sa vie dont la « flamme bleue » fait plus que vaciller « sans cesse ; sans fumée ». Et résistent des pavots « flammes du soleil levant » sur le blanc de sa peau et sur fond blanc de ce livre intimiste et nullement égotiste. Existent là les racines premières de son pays d’origine où les poèmes deviennent ceux de la présence contre toute forme de disparitions. Une telle poétique joue à la pointe des pieds sur le narratif et le romanesque au profit d’une jonglerie perceptive et intellectuelle entre différents niveaux de « fictions » et de références.

Ici, les poèmes ne sont plus de simples miroirs : ils doublent, dédoublent le réel par ces textes narratifs visant à constituer des passerelles entre le monde et l’existence de l’auteure comme de nous-mêmes. Il convient donc de prendre le temps de regarder de lire et relire la puissance de tels tableaux ou évocations qui parlent de l’être, de son rapport à lui-même et au monde.

Sonia Elvireanu réimage le monde car son l’inconscient trouve en lui et en elle des métaphores. Si bien que, sous la diversité des images, l’unité de l’œuvre est toujours perceptible tant elle est particulière et identifiable. Mais ici la peinture ne recopie pas le monde comme s’il s’agissait d’une peinture mal léchée. L’artiste crée moins d’après nature que selon le libre cours de son imaginaire pour mieux réintégrer l’espace figural selon ses propres normes. Son souci essentiel reste d’affronter l’existence contre sa dilution et son évaporation mais pour son ouverture.

Tout un monde intérieur est là, entre orgasme et douleur dans un effet de sublimation où le cœur trouve des mots pour se dire. De la crudité facile, il n’est jamais question mais de vérité, oui. Les mots perdent ici leur émolliente castration et créent des courants d’énergie vitale. Nous dérivons parfois en rêvant de partager le pas de l’auteure dans sa marche capable d’évoquer notre sens et parfois ses symptômes sombres. Mais la voix de sa lumière met l’accent sur des écarts, ruptures pour que réapparaissent les convulsions de l’existence.

Sonia Elvireanu, Le Voce delle luce (La voix de la lumière), trad. Giuliano Ladolfi, Colana Zaffiro, Giuliano Ladolfi Editore, 2026, 164 p. – 15,00 €/

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