Pauline Peyrade, Les habitantes

Pauline Peyrade, Les habitantes

A sa manière, dans Les habitantes, Pauline Peyrade revient à l’école du regard et donc à un un nouveau roman dont les Editions de Minuit furent le fondement. Toutefois, la jeune auteure, tout en voulant renverser la matière classique la langue romanesque, cultive encore de vieux réflexes et en embrassant tout, plus largement que Robbe-Grillet et Butor qui limitaient à dessein leur champ de vision.

L’ambition est louable par sa volonté de traverse et de « transvasion » mais, de fait, l’écriture comme à son corps défendant reste sage, d’autant que son héroïne (Emily) n’est pas sans rappeler parfois plus du Jane Austen que du Virginia Woolf et sans parler de Sarraute. Demeure toutefois une sorte de magie verbale là où à la volonté d’une théorie romanesque s’efface dans ce qui tient d’un « cantos » inattendu beau, sensuel, invasif.

Preuve que – surtout après son premier roman – Les habitantes devient une mélopée inattendue. Et tout lecteur attentif sera curieux de suivre la voie de la fiction chez celle qui, plutôt que pratiquer une césarienne au roman, crée par l’amour un retour là où, malgré l’éventail embrassé (surtout au début), demeurent sagesse, tendresse et poésie. C’est presque inattendu surtout après son L’âge de détruire là où existe un « construire, dit-elle ».

Pauline Peyrade, Les habitantes, Editions de Minuit, 2026, 192 p. – 18,00 €.

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