Solange Clouvel, Huis cendrés & Peintre en deux langues

Solange Clouvel, Huis cendrés & Peintre en deux langues

Les deux nouveaux textes et éditions de Solange Clovel se déclinent en de subtiles compositions lumineuses surréalités. Une telle poésie est quasiment une peinture scandée en divers rythmes face aux peintures de Thierry le Saëc et d’Anne Slacik qu’elle épousent – la second en un mariage de rouge, le premier dans des introïts particuliers où se demande sans cesse comment un tel peintre entre dans la peinture.

Mais ces deux langages s’unissent là où celui des plasticien(ne)s rencontrent celui de la poète. En un effet de masse ou selon une esthétique disséminée, ces deux œuvres trouvent là un second degré pour parvenir aux émotions délivrées.
Troublantes et très souvent à la limite du paradoxe, les oeuvres de Solange Clouvel génèrent beaucoup de jubilation par son savoir parfois antique et solennel (chez Le Saëc surtout). Nous passons toujours en un degré supplémentaire de contemplation et d’inspiration. Voici qu’apparaissent tout l’intérêt et la complexité de ces créations. Les formes contredisent les glacis des couleurs et jouent de vrais rôles de composition aux irisations sans cesse changeantes.

Solange Clouvel entre illusion et illumination renouvelle ses dispositifs stratégiques. Son (faux) libertinage (il est de fait le contraire) ne joue plus sur la séduction. L’artiste a bien d’autre chose à proposer : un début pour faire autre chose en un mixage de force et fragilité où plane toujours une sorte de diaphanéité de l’air.
Un ignoré de l’être, de l’art et du langage est donc rendu visible là où les poèmes – eux aussi « exposés » – parlent au-delà du jeu de l’art habituel pour le faire jouer par l’exhibition de l’invisible et du merveilleux.

Solange Cluvel, Huis cendrés (avec Thierry Le Saëc) & Peintre en deux langues (avec Anna Slacik), Editions Esdée, 2025, Camöël ; chaque exemplaire 34 p.

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