Sergio Algozzino, Pluie d’été

Sergio Algozzino, Pluie d’été

Humour, tendresse et simplicité sont au rendez-vous de cette tranche de vie racontée sous forme de scénettes thématiques.

L’autofiction est désormais en vogue dans le Neuvième Art avec le célébrissime Persépolis de Marjane Satrapi (L’Association), dont l’adaptation cinématographique vient de recevoir le prix du jury au dernier festival de Cannes. Ces bandes dessinées de l’intime dans lesquelles l’auteur se met en scène, à la fois narrateur et acteur, témoignent en général d’un moment important de son histoire, qu’il s’agisse d’un premier amour pour Craig Thompson dans Blankets, manteau de neige (Casterman) ou de la difficulté de communiquer avec sa mère pour Edmond Baudoin dans son magnifique Éloge de la poussière (L’Association). Mais parfois le récit personnel devient véritable témoignage d’un moment de l’Histoire ou dénonciation de certains tabous comme l’homosexualité et le chômage pour Fabrice Neaud dans son Journal (Ego comme x) ou le sida pour Frédérik Peeters dans Pilules bleues (Atrabile).

Pluie d’été n’a pas la prétention d’aborder des questions douloureuses ou de défendre une cause. Humour, tendresse et simplicité sont plutôt au rendez-vous de cette tranche de vie racontée sous forme de scénettes thématiques allant du jeu vidéo à la bande dessinée, en passant par le lycée ou la découverte du festival d’Angoulême. L’auteur italien Sergio Algozzino, né en 1978, fait en effet partie de cette génération de futurs trentenaires élevés au club Dorothée et aux jeux d’arcade. Cette nouvelle culture de l’image à base de pacman, de Goldorak et de mangas donnera au jeune Sergio l’envie de faire de la bande dessinée et nourrira ses influences graphiques.

Dans cette première bande dessinée intimiste, les visages des personnages sont bien ronds, les yeux assez grands et tout aussi expressifs que ceux des héros nippons. La narration est fluide et rythmée par un découpage dynamique et varié. Une planche récapitulant les différents styles du narrateur selon les époques, petit bijou d’autodérision, permet de situer chaque scénette dans le temps. Le noir et blanc, procédé phare du récit intimiste pour son élégance et sa sobriété, est ici adouci par des touches de peinture à l’aquarelle. Une belle réussite graphique qui donnera le sourire à tous les grands enfants en mal de grasse matinée devant les dessins animés.

Sergio Algozzino, diplômé de l’académie des Beaux-Arts de Palerme, a déjà travaillé pour Panini Comics et participé à des séries d’animation comme Monster Allergy. Il est aussi enseignant dans une école de bande dessinée et directeur artistique d’une revue italienne de bande dessiné, Mono. Un auteur d’à peine 29 ans qui risque de faire parler de lui dans les années à venir.

sophie aigrot

   
 

Sergio Algozzino, Pluie d’été (traduit de l’italien par Hélène Dauniol-Renaud), Les Humanoïdes Associés, avril 2007, 84 p. – 14,90 €.

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