Rossana Borzelli, Arte in chiasmo

Rossana Borzelli, Arte in chiasmo

L’artiste italienne Rossana Borzelli est issue d’une famille romaine d’artisans et d’artistes. « Jai eu la chance de naître a la fin des années cinquante dans une famille romaine ou la créativité et la débrouillardise étaient les éléments fondamentaux de la vie, je me souviens de l’atelier de mon grand-père Umberto Borzelli, ébéniste : l’odeur du bois, le contreplaqué sur lequel étaient représentés des croquis de meubles conçus puis réalisés par lui, et les moments passés à écouter ses poèmes en dialecte. »

Elle a toujours exprimé ses émotions les plus profondes a travers l’art. Ses portraits saisissants sont inspirés de ses expériences de vie et de celles des artistes féminines d’antan. Leurs silhouettes sont éthérées, émotives et évocatrices des luttes qu’elles ont rencontrées. Travaillant avec une gamme variée de matériaux de peinture organiques et traditionnels, les pièces de Rossana ont une grande profondeur et une texture, des totems durables pour leurs sujets. Elle expose ses œuvres dans des expositions individuelles et collectives a travers l’Europe.

Ses portraits sont très souvent de femmes. Elle essaie de transmettre des émotions et des sentiments à travers des images. Qui parlent d’elles et de ses « soeurs ». En agissant, en expérimentant ainsi, elle lutte contre la nature patriarcale. Et pour elle, évoquer  des femmes ne signifie pas regarder quelques artistes extraordinaires mais surtout évoquer les nombreuses et merveilleuses présences créatives qui ont pris place dans les coulisses de la scène collective. Ses œuvres mettent en évidence les différences et les contrastes, comme la force, la provocation et la violence par opposition à la féminité, l’hospitalité et la douceur, qui vivent en elle et donc dans son travail.

Chez elle, le corps des femmes ne s’enroule pas autour de celui d’un homme dont la simple raison est de la phagocyter et qui ne peut rester indifférente. En ce sens, elle défend la jouissance des femmes  bien que  parfois son « pas tout » (Lacan)  ne symbolise pas ici qu’un niveau élémentaire de la substance féminine. En elle, l’ardeur est latente de vie.  Elle chasse l’obscurité des femmes par sa peinture par une peinture aussi ancestrale que neuve. Celles et ceux qui regardent ses portraits sont sensibles à leur pentes, leur chaleur. Certains  rêvent de devenir les passagers de leur origine du monde pour connaître ce qu’ils ignorent mal ou vénèrent trop peu.

Résumons : ses peintures sont les miroirs des femmes et Rossana Borzelli reste l’avenir de l’homme.
 
jean-paul gavard-perret


Rossana Borzelli,  Arte in chisamo, catalogo Galleria di opere in poesia e arte contemporanea, Roma, 2025.

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