Roland Chopard, Progressions
Chopard le sait : la pensée ne fait pas l’écriture. C’est l’inverse qui se passe, sinon à produire non de l’innommable mais un brouet fadasse.
Proche d’une appréhension oulipienne de la pensée, le poète poursuit ses variations existentielles, objets de la contrainte qui n’a plus rien d’un joug.
Elle a fonction de faire jaillir ce qui ne s’attendait pas à une telle pression.
Tout un jeu de pulsion et de neutralisation crée diverses tensions dans un souffle qui trouve ça et là pauses et aires de repos avant de repartir de plus belle.
Là où le « je » se déroute entre assemblages et mésalliances. Chaque fois, il s’agit de « mal » dire pour parler mieux l’intériorité comme l’altérité.
Dans chaque section du texte demeure un « en avant toute » de marinier pas forcément d’eau douce, au nom de bien des écueils et blessures qui forment le tréfonds du livre.
jean-paul gavard-perret
Roland Chopard, Progressions, Bruno Guattari Éditeur, 2021, 69 p. – 12,00 €.