Raphaël Majan, « Une contre-enquête du commissaire Liberty », L’Auteur de polars
Cinquième enquête du commissaire Liberty, l’homme qui crée des meurtres pour mieux arrêter des criminels.
Cinquième aventure du commissaire Wallance dit « Liberty » l’homme qui améliore les chiffres de la police. Si les troisième et quatrième volets (Le Collège du crime et Les Japonais) avaient semblé tourner un peu en rond et de plus faible facture que les deux premiers (L’Apprentissage et Chez l’oto-rhino), on peut parler, avec L’Auteur de polars, de renouveau de la série.
Ici, le commissaire retrouve toute sa causticité. De plus il fédère, avec ses lecteurs, de nouveaux alliés. Force est de constater que sa future victime, Christopher Plouf, un auteur de romans policiers érotiques à succès, en lice pour un troisième « Revolver d’or de la littérature d’évasion » est foncièrement antipathique. Un peu plus et on donnerait à Liberty des circonstances atténuantes.
Christopher Plouf veut s’immerger dans le monde policier et côtoyer de vrais inspecteurs pour mieux en rendre compte dans son prochain roman. Cet ancien policier et petit escroc cherche par tous les moyens à couper l’herbe sous les pieds du commissaire Wallance en le noyant sous des références littéraires noires à la mords-moi le nœud alors que pour Liberty, son approche – rigoureuse, selon ses critères – est la seule sensée. Christopher Plouf ne perd pas une occasion de se montrer supérieur et d’humilier Liberty. Agissant ainsi, il ne peut que signer son arrêt de mort. La seule question que se pose Wallance est : Plouf, avant de faire le grand plongeon, sera-t-il victime ou coupable ? La médiocrité de sa prose et le fait que, même en prison, il pourrait continuer à perpétrer ses méfaits littéraires incite Liberty à en faire une future victime. Il ne lui reste plus qu’à trouver cette occasion qui fait si bien le larron. À trouver l’arme du crime et un coupable.
Comme toujours, le commissaire Wallance prend des notes. Plouf est un bon spécimen d’étude. Les à-propos de Liberty sont un régal. La langue est parfois un peu complexe. Des fautes de syntaxe se glissent et perturbent un ensemble qui a retrouvé ses couleurs après un court passage monotone. La trame est à nouveau originale. Les personnages secondaires – le divisionnaire Gou, Lavraut, le fidèle adjoint, Martine, sa femme et Emily, sa fille – achèvent de peaufiner cet univers très personnel et font partie intégrante de cette ambiance froide où l’humour est prépondérant. Le livre se lit vite. Trop vite. Le suivnat est déjà entamé. Cette série, dont les volumes sortent deux par deux, est de nouveau attendue.
julien védrenne
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Raphaël Majan, « Une contre-enquête du commissaire Liberty » : L’Auteur de polars, P.O.L., avril 2005, 203 p. – 12,00 €. |
