Harlan Coben, Juste un regard

Harlan Coben, Juste un regard

Le dernier roman d’Harlan Coben ne fait que confirmer sa maîtrise du suspense. Comment une vieille photo peut-elle tout changer ?

Mariée depuis dix ans à Jack Lawson, et mère de deux enfants, Grace est une femme comblée. Elle ne garde que quelques souvenirs confus du traumatisme qu’elle a subi lors d’un concert de rock, alors qu’elle n’était qu’une jeune adulte. Grièvement blessée à l’époque, elle boite encore légèrement, mais tout cela fait désormais partie du passé.

Pourtant sa vie de famille va être complètement transformée, lorsqu’elle tombe par hasard sur un vieux cliché où figure un homme ressemblant à son mari, ainsi que trois autres jeunes gens, dont une fille au visage barré d’une croix. Voulant savoir de quoi il retourne exactement, elle montre cette photo à son mari, qui dit tout ignorer de ce qu’il considère comme une farce.
Le même soir, Jack prend sa voiture et disparaît mystérieusement, et la photo avec lui. De plus en plus inquiète, Grace s’adresse d’abord à la police qui ne la prend pas vraiment au sérieux. Alors, elle décide de prendre les choses en main, et il aura suffi d’un regard pour que le passé modifie à jamais son présent !

 

Plus besoin de présenter Harlan Coben, qui s’est imposé en quelques années comme un des maîtres américains du thriller. Après le succès de Ne le dis à personne, Disparu à jamais ou Une chance de trop, il reprend dans ce nouveau roman les ingrédients qui ont fait recette : une famille déchirée par les ombres du passé, de terribles vengeances en train de se tramer, un quotidien qui bascule à jamais, et des personnages comme vous et moi – apparemment – auxquels on s’attache sans mal. Il décrit l’environnement de ses héros, en l’occurrence Grace et ses proches, avec une précision et une force qui les rendent proches du lecteur. Les angoisses de la mère qu’est Grace, son agoraphobie, les délires de son amie Cora, la solitude de Charlaine, une voisine de Grace, le désir de vengeance d’un père dont le fils est mort : autant d’éléments qui poussent à tourner les pages de plus en plus vite.

Harlan Coben a vraiment le don d’installer dés les premières pages un suspense qu’il fera croître par la suite, jusqu’à mettre son lecteur hors d’haleine. La tension monte, et la vérité n’éclate réellement que dans les derniers chapitres. Virtuose des rebondissements, l’auteur multiplie les fausses pistes, et il faut avoir le flair et l’obstination de ses personnages pour démêler le vrai du faux.
Consacrée par des prix majeurs de la littérature à suspense aux États-Unis, son oeuvre intéresse de plus en plus la France ; on dit même que Guillaume Canet aurait acheté les droits de Ne le dis à personne pour l’adapter au cinéma courant 2005-2006. On a hâte, car l’écriture de Mr Coben est aussi trés visuelle, et Juste un regard ne fait que le confirmer.

franck boussard

   
 

Harlan Coben, Juste un regard (traduit par Roxane Azimi),Belfond, 2005, 396 p. – 20,80 €.

 
     

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