Raphaël Majan, « Une contre-enquête du commissaire Liberty », Vacances merveilleuses

Raphaël Majan, « Une contre-enquête du commissaire Liberty », Vacances merveilleuses

Pour sa sixième aventure, le commissaire Liberty prend des vacances bien méritées entouré de joyeux estivants.

Tout le monde n’a pas la chance de passer ses vacances avec le commissaire Wallance. Mais pour Kevin Rocamadour, un jeune homosexuel qui aime les personnes un peu enrobées d’une cinquantaine d’années, cette rencontre au sein de Vacances merveilleuses va être l’occasion d’une idylle unilatérale. Cette sixième aventure du commissaire Wallance dit « Liberty », l’homme qui fait remonter les chiffres de la police démarre sur les chapeaux de roue. L’été sera chaud.

Liberty veut se faire Arlette Deculardelle qui veut se faire Kevin Rocamadour qui veut se faire Liberty. La boucle est bouclée. Le cercle n’est pas le seul à être vicieux et Liberty devient très vite, dans cette histoire, celui qui se fait baiser. Alors qu’il songe à commettre un meurtre sur la personne de Jean-Paul Bistourolf parce qu’il ne peut pas, décemment, tuer Adrien, un petit garçon qui l’horripile, ne voilà-t-il pas qu’un vrai meurtre est commis sur la personne de la marquise Adeline Villechaussoy de Parme. À la manière barbare, à la hache et sur ce qui s’avère être une vieille rombière.

L’occasion est trop bonne pour ne pas la saisir. Liberty choisit son coupable et, comme à son habitude, crée des preuves accablantes. Parfois le hasard fait bien les choses. La victime de Liberty est le véritable assassin ! Mais ce dernier refuse d’endosser le crime du clown Faribol, une vieille enquête que Wallance n’avait pas résolue. Cela exaspère notre commissaire. Autant qu’un serveur qui se hasarde à lui apporter des martinis avec olives alors qu’il les a expressément demandés sans. De là à perpétrer son propre meurtre, il y a un pas que Liberty n’hésite pas à franchir.

Avec Vacances merveilleuses, Liberty change d’air. Il passe de Paris à la province et le grand air lui fait du bien. Ici, plus de routine, plus de repères. Les éternels Gou et Lavraut ne sont plus là. De nouvelles figures arrivent. On est sûr d’en retrouver une : Kevin Rocamadour, le roc de Liberty, celui qui le viole et que Liberty ne peut tuer car il ferait, lui, un coupable idéal. Le sensuel Kevin a, en effet, promis à Liberty de lui faire visiter le Marais.

Comme toujours, quand il s’agit d’une nouvelle aventure de notre commissaire, des références aux épisodes précédents parsèment le roman. On ne peut s’empêcher une petite remarque. Les livres sortent deux par deux sans numérotation pour se repérer dans la chronologie de l’œuvre et à chaque fois, on a une chance sur deux de commencer par le mauvais. Ce qui est frustrant. Dans celui-ci, c’est seulement à la page 72 que l’on apprend que l’action se déroule après celle de L’Auteur de polars. Sinon, l’ensemble est toujours très littéraire. Le commissaire plus caustique que jamais. On ne l’attend plus au tournant. On l’attend à nouveau.

julien védrenne

   
 

Raphaël Majan, « Une contre-enquête du commissaire Liberty » : Vacances merveilleuses, P.O.L., avril 2005, 200 p. – 12,00 €.

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