Pierre Macherey, La parole universitaire
Quel avenir pour l’Université
L’école est toujours un bon sujet. Il faut bien s’avouer que plus rien ne va en France. L’éducation nationale sera sans doute l’un des sujets majeurs de la prochaine campagne électorale. Mais qui y croit encore ? De déconvenues en déconfitures les parents d’élèves sont las. Pas une raison pour baisser les bras. Pierre Macherey dresse l’inventaire des possibles. Pose les questions qui dérangent. Car sans énoncé clair aucune solution ne sera possible. Alors ? A quoi sert l’université ? QU’y fait-on au juste ? Quel type de discours, particulier dans sa forme et dans son contenu, y tient-on ? Quelles sortes de relations se nouent entre ceux qui relèvent, à des titres divers, de son ordre ? Etc.
Il y a urgence à répondre. Et sans doute d’arrêter de réformer les réformes. Tout le monde n’y comprend plus rien. Que faut-il faire au juste ? Car l’Université va mal, très mal…
Dans cet ouvrage, Macherey (après avoir travaillé avec Althusser et enseigné la philosophie à Paris I puis Lille III, est rattaché à l’UMR du CNRS), s’emploie à interroger l’Université à partir des discours tenus sur elle. Il déplace l’angle d’étude par une lecture du séminaire de Lacan sur les quatre discours. Passent aussi des textes de Bourdieu et Passeron. Une démonstration qui laisse pantois : un dispositif dont les acteurs seraient dupes. Qui reconfigure la position de maîtrise. Qui vise donc à l’inculcation d’un arbitraire culturel et à l’objectivation d’une hiérarchie sociale dans l’autre…
Trois approches, probablement partielles, seront ici étudiées. Il sera examiné l’université telle qu’elle se présente sous le regard des philosophes. Par une lecture au plus près des textes de Kant, Hegel et Heidegger. Dans le langage et avec les concepts qui leur sont propres. Pui sera questionné le discours universitaire sur son identité et sur la pertinence de ses pratiques. Pour cela Macherey interrogera le discours universitaire sur son identité et sur la pertinence de ses pratiques. Pour cela, il se servira des instruments (objectifs ?) fournis par des sciences humaines comme la psychanalyse et la sociologie. Enfin, il tente de déceler les paradoxes de la forme-université à la lumière de la littérature.
Trois perspectives qui ne répondent pas à toutes les questions. Il n’y aura donc pas de solution définie. Mais elles participent à l’éclairage des possibles. Vue sur les présupposés et surlignage de l’urgence à agir !
la redaction
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Pierre Macherey, La parole universitaire, La fabrique éditions, septembre 2011, 264 p. – 18,00 € |
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