Pierre Garnier, Perpetuum mobile

Pierre Garnier, Perpetuum mobile

Un monde qui circule entre terre et ciel

Les éditions « L’herbe qui tremble » associent trois recueils de Pierre Garnier dans un même ouvrage. La cohérence apparaît évidente.
L’éditeur a déjà publié plusieurs ouvrages d’Ilse et Pierre Garnier, inventeurs du Spatialisme au début des années soixante.

Il présente ici et entre autres la réédition d’un recueil important d’abord paru chez Gallimard en 1968, qui fait pendant à Spatialisme et poésie concrète, texte théorique publié la même année chez le même éditeur.
Issu aussi de deux recueils des années soixante mais restés inédits, « Minutes de poésie » et « Minipoèmes », Perpetuum mobile ne contient que des poèmes linéaires.

Mais le spatialiste n’est pas loin puisque le mot demeure ici « élément », « matière », « objet » pour obtenir une poésie nouvelle. Chez Pierre Garnier elle deviendra toutefois moins, visuelle et phonique. Reste néanmoins et toujours une grande économie de moyens.
Les poèmes sont parfois composés de deux ou trois vers, qui ne contiennent eux-mêmes que quelques mots. Le fil de la vie aperçue, suivie, interrogée est exprimé « de la façon la plus objective possible » écrit le poète.

D’un corpus à l’autre se retrouve le parcours de Garnier entre autres autour d’une plaine de Picardie éprouvée pendant la Première Guerre mondiale.
La poésie devient alors chez l’auteur comme un tel lieu : un monde qui circule entre terre et ciel et donné à voir dans l’espace même de chaque page.

jean-paul gavard-perret

Pierre Garnier, Perpetuum mobile, L’herbe qui tremble, 2020, 178 p. – 14,00 €.

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