Philippe Comar, Un cri derrière la porte

Philippe Comar, Un cri derrière la porte

Cas limites

« Les portes laissent passer les cris, les râles, les gémissements, aussi bien ceux des peintres fous que ceux des amants lorsque les corps exultent. », écrit Philippe Comar. Il pousse plus loin sa poésie aux analyses intrinsèques. Celle-ci rappelle que les sons inarticulés ne font que souligner l’absence de tout mot audible.
Si bien que les portes sont là pour étouffer les confidences. Elles semblent muettes comme des huis de prison ou des dalles de tombe. S’y devinent ces cris d’un fou ou des hurlements d’amours passionnées. Mais l’auteur pousse plus loin son expertise à l’épreuve du temps.

Surgissent des souvenirs en miettes nourris parfois d’une terreur profonde qui fut ravivée au creux de la nuit. Mais ces rappels tentent de congédier l’angoissé au temps de son enfance. Et en particulier celui de l’immeuble familial et de sa cage d’escalier qui était usée par les va-et-vient. Mais remontent les obscurs mobiles de l’auteur. Il se fait  guide de ses choix et ses curiosités plus d’adulte que d’enfant de jadis.
Restent néanmoins des zestes et de errances mémorielles. Elles mènent jusqu’à ce qu’il nomme  « l’attirail symbolique » soufflé par la porte et les cris. Ils vont jusqu’au seuil des arts et de la mythologie.

En sa pure finesse et ses analyse, Breton, Ernst, Piaf, Callas, Rodin et Philomène entre autres s’y aperçoivent. Existe ainsi, dans l’esprit, le fruit des biens des entrailles où en gésines brillent encore derrière la porte des ruines laissées par les fantômes. Ils restent des monuments de plaisir ou de désir où les fantasmes deviennent la sœur de la vérité et aussi de ses crues si fictions dont aucun orgasme n’est tu –  même si ses vagues tuent.

jean-paul gavarrd-perret

Philippe Comar, Un cri derrière la porte, Monotypes d’Édith Dufaux, Editions Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2025, 48 p. – 14,00 €.

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