Pays sages (Que peut l’art ?)
Dans l’art, le pittoresque de l’intimité est sympathique, bon enfant. Il veut aplatir la réalité extérieure et se pavane en dominante pastel plus ou moins exotique pour s’encanailler – au besoin, tout en préservant un bon quota documentariste.
Cette profondeur de vue est maquillée sans toujours négliger les ruines noircies par le feu de l’âme ou le temps des abattis. Mais peindre ou photographier représente-t-il l’épreuve brute d’un trauma personnel ? Il y existerait une hiérarchie par les degrés d’un certain épouvantable commun.
Quant aux souffrances subjectives : broutilles – y compris les degrés tirés de peines intimes mesurées parfois à l’aune de la cruauté historique. L’objectif reste de sublimer ce toutim en franchissant les limites de l’émotion.
En conséquence, beaucoup exigent d’un artiste des comptes sur ses sujets. Le tout pour volonté politique, moralisme au nom du sentiment de la souffrance ou de la jouissance mais parfois ils glorifient l’apathie de leur savoir, dédains et censures.
Dès lors, chaque inoffensif loufoque s’en gave voire bascule en une déprimante habitude. Ce n’est pas pour autant qu’il en fasse une choucroute – non végétarienne si possible.
jean-paul gavard-perret
Oeuvre d’Anne Van der Linden
