Paul Badin, Rien

Paul Badin, Rien

Le mental dans l’organique

Dans ce nouveau livre, Paul Badin reprend l’esthétique de ses Post it (Vincent Rougier, 2012.). Et ce, pour une raison majeure. Tout être a besoin d’une vie sensée, d’un croisement harmonieux.
Rien de mieux pour cela que des aphorismes : « Un frisson d’iris donne sens au marécage. », ou encore : « Rendre aux oiseaux leur ciel, aux abeilles leur miel, à vos gambades la forêt. »

Si bien que de tels aphorismes engagent au dialogue : « Penche-toi. Il y a toujours quelque chose à glaner sur les terres choyées par des mains loyales. » ou encore « Que fais-tu de la minute et demie que la remontée vers l’été t’accorde chaque soir ? ».

Badin croise ainsi des messages jusqu’à en dépasser les bords. Ils permettent de réaliser que ce qui n’a d’existence qu’immédiate peut prendre une autre dimension.
Pour preuve, « Ce qui rosit la joue des heures comblées éveillera, demain, les roseaux des berges. » L’émotion et la réflexion y sont induites.

Et l’aphorisme, dans sa texture pelliculaire, acquiert une densité charnelle et créatrice où « Les mots sont des graines, ils ne demandent qu’à germer. »
Si bien que le poète réintègre le mental dans l’organique et fonde l’acte poétique d’une union au cœur même du quotidien de l’existence.

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jean-paul gavard-perret

Paul Badin, Rien, Encres Vives, Issepts, 2022, 16p. – 6, 20 €.

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