Pascal Garnier, Les Hauts du bas

Pascal Garnier, Les Hauts du bas

C’est l’histoire d’un vieux monsieur très riche et très arrogant qui sème la mort sur son passage, de la Drôme en Suisse.

Pascal Garnier est un auteur qui vogue toujours aux frontières du noir. Le sentiment de solitude – l’un des thèmes qui, avec l’enfermement, sous-tend deux de ses derniers romans, Les Insulaires, Fleuve Noir, 1998 et Trop près du bord, Fleuve Noir, 1999 – est au cœur de ces Hauts du bas, paru en 2003 aux éditions Zulma.

Les Hauts du bas, c’est l’histoire d’Édouard Lavenant, un vieux monsieur très riche qui a survécu à un accident vasculaire cérébral (AVC). Cet événement l’oblige à accepter les services de Thérèse, une infirmière à domicile avec laquelle va se nouer une relation qui, inamicale au début, va tourner à l’amour avant de devenir diabolique.

Édouard Lavenant perd peu à peu ses facultés à la suite de son accident. Ses repères géographiques sont quasiment inexistants, quant aux gens qu’il rencontre, il est en droit de se demander s’ils sont fictifs ou non. Sur ces entrefaites survient un fils qui finira au fond d’un ravin pour avoir voulu observer des vautours d’un peu trop près. Accident bête ou crime, on ne le saura jamais vraiment. Toujours est-il que cela va déclencher chez Édouard Lavenant toute une série d’actes qui vont l’emmener en Suisse avec Thérèse, qui se demande quel personnage il est réellement.

Dans un monde où la noirceur n’est pas apparente au premier abord – le début du roman retraçant simplement la vague descente aux enfers d’une personne âgée blessée et dans son âme et dans son physique – Pascal Garnier incrémente petit à petit des touches sombres et machiavéliques qui finiront par créer un véritable univers « mabusien ». Le mal « lavenantien » est omniprésent et contagieux ; Thérèse non plus ne retrouve plus ses repères. Tout devient prétexte à excuser Édouard et ses actes.

Cela dit, l’histoire manque de crédibilité : il est difficile de croire que cet homme, devenu hémiplégique après son AVC, ne suive aucune rééducation, ne soit pas plus atteint que cela dans son intégrité morale, et qu’il se contente des soins de Thérèse alors qu’il est très riche… 

Le talent d’écrivain est là. L’histoire est assez originale. Les protagonistes ne sont malheureusement pas à la hauteur du récit qui, lui, est très vif, très enlevé.

julien védrenne

   
 

Pascal Garnier, Les Hauts du bas, Zulma coll. « Quatre-bis », 2003, 190 p. – 15,00 €.

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