Nancy Richards Farese, I Still Speak Southern In My Head
Mémoire et conséquences
Nancy Richards Farese est photographe, auteure et entrepreneur. Son travail promeut la narration visuelle comme outil essentiel au bien commun. Photographe documentaire primée, elle a beaucoup travaillé pour des organisations de développement international, notamment le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, etc. Titulaire d’un master en administration publique de la Harvard Kennedy School, elle a fondé PhotoPhilanthropy (2009) et CatchLight (2015), deux associations de narration visuelle. Et dans son nouveau livre, elle crée des collages et biffures. Elle intègre des fils, des perles, des boutons, des gribouillages et du tissu avec des images d’archives familiales et des photographies récentes pour créer une mémoire visuelle complexe.
La photographe réexamine son enfance dans le Sud dans les années 60 : « Alors même que je m’efforce de comprendre ma propre histoire complexe, je me retrouve à expliquer le Sud à ceux qui le considèrent encore avec suspicion, accablés par le poids moral du racisme et de l’injustice. Il est désormais clair que le racisme est moins un problème sudiste qu’américain », écrit-elle. Des tropismes culturels résonnent avec cette expérience qu’elle considère et remet en question en incluant la culture de la ségrégation, les points de vue sur les rôles des femmes et leurs intersections. « Je crois que ne pas parler de ces choses a des conséquences, et que le seul passé que nous connaissons vraiment et dont nous pouvons assumer la responsabilité est le nôtre. », ajoute-t-elle.
jean-paul gavard-perret
Nancy Richards Farese, I Still Speak Southern In My Head, Workshop Arts, New York, 2025, 64 p. avec intercalaires – 20,00 €.