Mylène Vignon & Sophie Sainrapt, Confitures libertines
Avec Mylène Vignon et Sophie Sainrapt, pas de mièvreries coutumières des livres de recettes. Le fruit est ambigu : il approche et écarte, plaque une entrecuisse tout à fait perceptible en lieu et place d’autres gourmandises. Des grappes tombent vers le bas, des fruits rouges montrent un dedans, opaque, l’abandon à son partage.
Ce que Mylène Vignon écrivait dans Confis toi , Sophie Sainrapt le touille. La confiture fait la gorge ineffable et à délices que veux-tu. Avec les deux impertinentes, le fruit devient fétiche. Il montre ce que la femme cache (le plus souvent). Les deux artistes arment leurs bras pour chauffer leur confiture. Elle est ardente et le corps en ruisselle.
Les pseudo innocentes conservent dans leur main d’étranges spatules pour la violence du feu. Tout devient jouissance jusqu’au bout de l’orteil voire de ses oignons.L’être de chair n’a rien de mystique, bien au contraire. Ondine aux chandelles est dégustée en festins que seuls les victimes du diabète ne peuvent déguster. Et ce, même si leur bêbête monte.
Les libertines cuisinières déploient dans leurs recettes de côté de seins rapts figuratifs. Et bien des tentations. Elles n’ont rien de périphériques et se dégustent à pleine bouche en un après-midi où chaque mirabelle est une invitation.
jean-paul gavard-perret
Mylène Vignon & Sophie Sainrapt, Confitures libertines, Editions Le Renard Pâle, Paris, 2017.
