Mots lierres

Mots lierres

C’est là qu’elle doit être mais elle ne comprend pas ce qu’on attend d’elle tout en suivant les indications. Elle ne voit pas le bout. Mais une fois arrivée, elle ne se sent pas à sa place. Pas question de faire demi-tour mais, prise au dépourvu par cet endroit, son espace l’accapare sans inviter sa contemplation. Ne n’en mesure pas encore l’importance malgré son naturel tendu.

Reste à savoir quoi, comment et où a décidé d’elle et combien sa présence est déplacée. Elle espère qui viendra la secourir ou lui expliquer de la mettre en boule dans un bled perdu dont l’air est si moisi qu’il rouille ses poumons. C’est le dernier endroit où espérer même si les arbres perdent d’avance leurs feuilles. A son avis, celui qui doit venir sait parfaitement où elle est puisque son Commandeu l’a basculée de sa statue. Prise des sueurs froides elle n’éprouve pas sa peur. Mais aussi immobile qu’avant, elle ne s’éloigne pas d’elle. Elle se retient d’appeler car elle ne se sent pas de taille à affronter un simple mortel ou une entité.

Certes, quelqu’un s’est trompé de qui – ou si – elle est. Une autre devrait être là. Il saurait à quoi s’en tenir. Et ça l’arrangerait. On compte peut-être sur elle. Mais elle ne se sent pas couchée avec qui de droit tant il reste K.O. en son séant.

jean-paul gavard-perret

Photo : Rodney Smith

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