Milana Angelova, Ricordanza
Si pour Milana Angelova et comme elle l’écrit, « Les poètes et les troubadours /ont chanté des chansons d’amour /qui promettaient au genre humain / De meilleurs lendemains », le monde est resté néanmoins sur sa faim. C’est pourquoi la photographe tente de reconstruire d’autres histoires d’amour où le désir demeure diaphane.
Tout reste hors temps ou d’un autre âge. Il s’agit de s’en rapprocher pour aller vers l’acuité en scénarisant la précision de ce qui sépare.
Photographier devient un dépassement, c’est glisser entre les images pour l’élargissement de ce qui ne leur appartient pas mais qui est de leur ressort. Cela s’appelle la poésie visuelle. Ses règles n’existent pas ou mieux : elles doivent être rompues à tout instant. C’est donc un acte fou absorbant l’ombre de l’anéantissement d’où les images sortent jusqu’à en faire de la lumière.
Les fleurs et les jeunes femmes créent un érotisme particulier pour lever le désir puisqu’il est impossible de croire qu’on puisse en échapper. Estimer qu’on n’a ici affaire qu’à de l’autrement ne serait que vue de l’esprit. La séparation demeure la grande ressemblance. Sous couverture d’espace inédit, de l’enfoui jaillissent des espaces communs.
Aucune intégrale : la photographie appartient à un domaine entre le concret et le songe. Elle est moins l’empêchement que la solution pour Milana Angelova. Elle s’enfonce dans les circuits de plaisir mêlés de doute. L’élan est un empêchement mais aussi sa persistance.
jean-paul gavard-perret
Milana Angelova, Ricordanza, Photo Vogue, 2017 et https://www.facebook.com/milanangelova
