Michel Thévoz, Aloïse. Le rayonnement sublime

Michel Thévoz, Aloïse. Le rayonnement sublime

Aloïse a passé presque cinquante ans en asile psychiatrique, où son activité d’artiste, élaborée en cachette, puis au grand jour, a fini par fasciner quelques « proches », dont le Dr Jacqueline Porret-Forel, qui s’est attachée à préserver ses créations. « L’histoire d’Aloïse, écrit Michel Thévoz, est celle « d’un meurtre et d’une renaissance : le meurtre d’une femme douée, passionnée, ambitieuse, mais éconduite de ses aspirations affectives, culturelles, professionnelles, et surtout niée dans sa personne et internée au cœur de son âge. »
Aloïse n’a pas capitulé : elle s’est servie de la peinture pour nier ce monde qui la biffait. Les personnages dans ses peintures sont les grandes amoureuses de l’histoire, d’héroïnes ou de reines : Cléopâtre, la reine Elisabeth, Marie-Antoinette etc.. vivent des amours grandioses et délirantes.

Aloïse, par leur existences, vit des amours grandioses, délirantes. Qu’importent anachronismes, invraisemblances. Dans ces aventures formelles, tout est permis loin de l’espace et du temps, et par la magie de la couleur et de l’arabesque elles rayonnent non sans une forme de sublime.
Aloïse, selon Michel Thévoz, , avait le visage figé, portait un masque, comme si elle refusait d’être reconnue et souhaitait se soustraire à toute objectivation. Mais elle a découvert le plan de l’incohérent, émerveillée, en s’identifiant à des personnages qui n’existent plus.

Aloïse trouva sa manière d’exister dans son inexistence en créant des œuvres, souvent de très grand format. Elle y créa des blasons des corps féminins avec la gamme de ses crayons de couleur ; et parfois en salivant sur les traits de craie pour les estomper. Elle opéra aussi des mélanges indéfinissables et inquiétants en soumettant ses couleurs à une héraldique et un matiérisme à contre-emploi.
Aloïse a suivi le cours de ses rêveries se laissant à habiter par la peinture et s’abandonnant à sa dynamique, à ses avatars fugitifs, de l’un(e) à l’autre.

Michel Thévoz, Aloïse. Le rayonnement sublime, Lausanne / Les Cahiers dessinés, collection de L’Art Brut, novembre 2025, 144 p. – 29,00 €.

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